Les questions fréquentes


Voici les questions habituelles que tout le monde se pose à propos de l’école à la maison : depuis la notion de base jusqu’aux aspects les plus pratiques… Bien entendu, nous répondons en long et en large à tout ces questions (et à d’autres !) dans notre ouvrage illustré « 365 jours d’école à la maison »…

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1- de quoi s’agit-il ?
Le terme même d’école à la maison connait de nombreux équivalent : homeschooling, unschooling, non-scolarisation (non-sco) ou encore dé-scolarisation (dé-sco) et parfois en zone francophone le très contesté vocable : « instruction en famille ».

2- mais l’école n’est-elle pas obligatoire ?
Pour ce qui de la France, la loi Jules Ferry instituant l’instruction obligatoire précise « L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. » (Actuellement article L131-2 du code de l’éducation). C’est sur cette base légale que depuis 1882 quelques milliers de familles ont continué d’assurer directement l’instruction de leurs enfants.

La loi rend obligatoire un contrôle annuel de l’enseignement pendant toute la durée de la période d’instruction obligatoire : de 6 à 16 ans. Sous peine d’une amende de 1500 €, les parents ont l’obligation de déclarer, à chaque rentrée scolaire ou dans les huit jours en cas de changement de mode d’instruction, au maire de leur commune de résidence qu’ils assureront l’instruction dans la famille. La déclaration simultanée à l’inspecteur d’Académie est également obligatoire.

Pour les autres pays francophones, voir la fiche wikipedia sur l’instruction à la maison…

3- et les contrôles ?
Toujours pour la France, “Le ministre de l’éducation nationale a donc chargé l’ensemble des inspecteurs d’académie, directeurs de services départementaux de l’éducation nationale de veiller à la réalité de “l’instruction dans les familles”. Cette possibilité légale est aujourd’hui utilisée sur l’ensemble du territoire pour près d’un millier d’enfants. […] Lorsque les parents se dérobent à cette obligation, un signalement est effectué auprès du procureur de la République. À noter que la suspicion de dérive sectaire n’est apparue que très rarement lors de ces contrôles.

Ces corps d’inspection territoriaux ont continué à se montrer actifs dans plusieurs domaines, notamment le contrôle de l’instruction dans la famille, même s’il faut se garder de considérer que les parents qui éduquent leurs enfants à domicile ou les établissements privés hors contrat relèvent de la sphère des activités de nature sectaire.”

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Pour les autres pays francophones, voir la fiche wikipedia sur l’instruction à la maison…

Ceci dit, il ne faut pas se faire une montagne de ces contrôles et les voir plutôt comme une étape incontournable, un objectif et une aide à utiliser au mieux. En général, ces contrôles se passent bien, surtout si vous avez pris soin de vous y préparer…

4- quid de la socialisation ?
Une crainte fréquente – crainte plus fréquente au sein du grand public que chez les parents qui pratiquent l’éducation à la maison – serait l’isolement potentiel subie par les enfants privés des contacts avec d’autres enfants scolarisés. Les associations de promotion de l’école à la maison évoquent toutes le sujet sur leurs sites Internet. Beaucoup de parents fuient précisément cette « socialisation » faite de conformisme, de pression sociale exercée par les autres enfants scolarisés, de brimades et de mauvaises influences.

Pour la plupart des partisans de l’école à la maison, leur choix améliore en fait le développement social de leurs enfants. En effet, pour ceux-ci, les années passées dans un établissement sont les seules durant lesquelles les écoliers seront séparés artificiellement en groupes cloisonnés de même âge (par efficacité économique et non souci de qualité). Ces partisans affirment que les enfants éduqués à la maison vivent une socialisation plus saine et plus naturelle, car ils interagissent plus avec des personnes de tout âge. Ceci conduit à une influence accrue des adultes et une moindre de la part des autres enfants, ce qui produit de jeunes citoyens plus mûrs.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, un certain nombre d’études, souvent financées par des organisations de promotion de l’école à la maison, tentent d’évaluer les conséquences de la scolarisation à la maison sur la « sociabilité » des enfants. Les résultats sont en général extrêmement positifs.

Certains auteurs, comme Robert Epstein, ex-rédacteur en chef de Psychology Today, considèrent que le prolongement de la scolarisation obligatoire et le fait de « parquer » les adolescents entre eux les infantilisent, alors que l’enseignement personnalisé en contact plus rapproché avec des adultes, comme l’instruction à la maison, permet une maturation plus rapide et d’éviter la crise de l’adolescence. Crise qui est en grande partie une conséquence de cette longue scolarité obligatoire pendant laquelle les adolescents sont traités comme des enfants et n’ont comme modèles et compagnons que d’autres adolescents.

5- les cours par correspondance sont-ils nécessaires ?
Non, les cours du CNED peuvent éventuellement vous aider (et vous rassurer, surtout !) mais ils ne sont absolument pas nécessaires dans votre dispositif. Nous pensons même que les cours du CNED imposent un formalisme excessif qui n’apporte rien (et même, qui est plutôt bridant en terme de créativité).

6- et après, comment gérez-vous le retour dans le système scolaire traditionnel ?
C’est là une question clé et nous la traitons (avec un exemple) dans la dernière partie de notre livre. Nous pensons que l’école à la maison permet aussi de revenir « dans le système » sans problème quel que soit le stade.

Il y a une étude française sur les familles non scolarisées menée par Jennifer Fandard, selon laquelle la meilleure disponibilité en temps permet d’élargir les contacts, facilite l’adaptation à toute sorte de milieux et situations y compris les situations universitaires.

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En Amérique du Nord, plus particulièrement anglophone, de nombreux établissements d’enseignement supérieur (y compris Harvard) accueillent des élèves ayant été éduqué à la maison. Universités « sympathiques » envers les enfants éduqués à la maison. Selon Inge Cannon, directeur général d’Education Plus : « Un grand nombre de ces établissements recherchent particulièrement cette clientèle en raison de sa maturité, de sa capacité de réflexion personnelle, de sa créativité et de sa solide formation scolaire. »

Vous pouvez écrire à Murielle Lefebvre à auteur@ecolealamaison.org